dimanche 15 février 2009

Marseille, la Méditerranéenne !



Un bateau qui entre dans le Vieux Port, les tours de l'abbaye fortifiée de Saint-Victor et la basilique de la Garde,... une image d'Epinal de la ville !


Dès la sortie de la gare, le ton est donné… vue sur la Grande bleue sous un ciel tout aussi bleu… les toits de tuiles rouges et oranges descendent et convergent vers le vieux port, Notre-Dame de Lagarde pointe son clocher du haut de sa colline au-loin, comme si elle gardait un œil sur la ville…
Dans cette douceur propre à la région pour un mois de février, on déambule dans la ville, voulant découvrir les coins les plus célèbres.




L'escalier monumental édifié dans les anées 1920

Les nombreux hôtels sur le boulevard d'Athènes qui mène à la Canebière sont les témoins de l'époque où les voyageurs en provenance du nord (parisiens, anglais et autres nord-européens) passaient une nuit ici avant d'embarquer à bord d'un bateau à destination d'Afrique ou du Moyen-Orient.

Aujourd'hui, de cette gare, on est qu'à 3h de Paris qui se trouve pourtant à 775 km par route.






Présentation de la ville en quelques lignes :
Marseille fut fondée sous le nom de Massalia vers 600 av. J.-C. par des marins grecs originaires de Phocée en Asie Mineure (dans l'actuelle Turquie), il s'agit ainsi de la ville la plus ancienne de France. 
Elle a su conserver son identité de port (c'est aujourd'hui le premier port français et méditerranéen et le cinquième port européen) et est restée une ville d'échange, une terre d'accueil (elle est appelée "Porte de l'Orient", elle est tournée vers la Méditerranée depuis toujours et continuera dans le futur, comme en témoigne le projet "Euroméditerranée" lancé en 1995.



Sur la Canebière, le Palais de la Bourse datant du Second Empire



Ville de négoce et non de pouvoir, Marseille vit, bouillonne et ne cherche pas à bien paraître, d'où la petite quantité de beaux et grands monuments alors qu'il s'agit quand même de la deuxième ville de France !

L'Hôtel de ville du 17ème
On peut lire sur les affiches que la ville vient de remporter sa candidature en tant que capitale européenne de la culture dans 4 ans... Hâte d'y revenir pour voir sa métamorphose !





Le Vieux Port était plus grand par le passé, il s'enfonçait un peu plus dans les terres et un canal aujourd'hui comblé le longeait. Depuis le milieu du 19ème, le port commercial et industriel a migré vers le quartier de la Joliette, laissant la place aux bateaux de plaisance, yachts et petites barques de pêcheur.






Sur la photo ci-dessus, on peut voir le Quai du Port ayant été reconstruit après guerre dans un style néo-provençal. Le rendu n'est toutefois pas terrible et tranche avec le bel hôtel de ville... 
En effet, de part sa situation géostratégique, Marseille a souffert des destructions de la 2nde guerre mondiale.


C'est intéressant de voir à quoi ressemblait les villes qu'on visite aujourd'hui

Construit au début du 20ème siècle, le Pont transbordeur permettait le passage des marchandises d'un côté à l'autre du port.
Les Allemands le firent sauter en août 1944 pour obstruer le port lors de la bataille de Marseille, mais seul le pylône nord s'abattit dans les eaux. Le reste s'écroula quelques jours plus tard.





Le fort Saint-Jean en entier surveille l'accès du port côté nord



Nous nous dirigeons vers l'emblème de Marseille, la basilique Notre-Dame de la Garde qui semble veiller sur la ville et sur la mer sur son piton calcaire à 162 m d'altitude. La montée vers le lieu se fait par des rues un peu sales et nauséabondes... et pas mal tagués, ce n'est pas un cliché alors... dommage!

A cet endroit, bien avant cette basilique  se sont succédé un oratoire, puis une chapelle et enfin un fort. La Vierge y est vénérée depuis le 13ème siècle, le phénomène s'amplifia grâce aux marins dont elle était la gardienne.


La "Bonne Mère", comme elle est surnommée ici, veille sur les Marseillais

La construction de l'église fut terminée en 1870  et devint basilique quelques années plus tard. On voit distinctement le Fort construit en 1536 sous François Ier lui ayant servi de base.

Son originalité provient de son style romano-byzantin






Depuis peu, ses mosaïques ont été superbement redorées !







Depuis le parvis, on a un panorama à 360°... tout simplement magnifique !

Vue vers le nord-est... les collines calcaires caractéristiques de la Provence ne sont pas loin !




Une "mer" de bâtiments blancs : avec tuiles rouges au premier plan, puis plus loin les barres d'immeubles de la banlieue


La légendaire autoroute du Soleil, l'A7 prend fin brutalement ici !

C'est par là que nous sommes arrivés !





























La Tour du Fanal du Fort Saint-Jean récemment décapée



Nous redescendons en direction du Vieux-Port et après avoir longé le fort Saint-Jean par le chemin côtier, nous voilà nez à nez avec la cathédrale de la Nouvelle-Major, ce qui est sûr c'est qu'elle est imposante.




Le fort Saint-Jean doit son nom à la commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem établie sur cet éperon, prolongement de la butte Saint-Laurent, à la fin du 12ème siècle.











La Nouvelle-Major & la Vieille-Major accolée à elle


La ressemblance avec Notre-Dame de Lagarde ne nous échappe pas, concernant le style romano-byzantin. Là aussi les matériaux sont les mêmes pour les deux monuments : pierre verte de Florence (qui nous apparaît plus sombre), marbre blanc de Carrare, pierre blanche de Calissanne extraite dans la région...









On distingue les clochers rappelant les églises d'Occident et les coupoles de style byzantin faisant référence aux édifices d'Istanbul. L'architecte souligne ainsi cette vocation qu'a la ville comme porte de l'Orient. D'ailleurs c'était la première vue de la ville et de la France qui s'offrait aux marins, voyageurs et immigrés qui arrivaient à Marseille par le port de la Joliette.


L'intérieur de la Nouvelle-Major


La Vieille Major donne l'impression d'être un peu à l'abandon dans l'ombre de la cathédrale. La construction de cette dernière a bien failli la faire disparaitre du paysage mais les habitants s'y sont fermement opposés. D'ailleurs il n'en reste qu'une partie. Elle est fermée au public, c'est bien dommage car c'est un bel exemple d'art roman provençal du 11ème siècle.




Nous voila au cœur du Vieux-Marseille, dans le quartier du Panier, récemment célèbre grâce à la série de genre soap opera, "Plus belle la vie". 
Ici les ruelles sont étroites et bordées de bâtisses assez hautes, laissant les lieux dans la pénombre la majorité du temps... c'est typiquement méditerranéen !

Quartier devenu populaire après que la bourgeoisie l'ai quitté courant 17ème siècle, c'est ici que s'installèrent les immigrés arrivant en masse dans la ville. De nombreuses familles d'origine corse ou maghrébine y habitent toujours.

C'est au 19ème siècle, en pleine révolution commerciale et industrielle que le quartier acquiert progressivement sa mauvaise réputation.







Cette citation étonnante donne une bonne idée de ce que devaient être les lieux autrefois :
« Suburre obscène, un des cloaques les plus impurs, où s'amasse l'écume de la Méditerranée (...) C'est l'empire du péché et de la mort. Ces quartiers patriciens abandonnés à la canaille, la misère et la honte, quel moyen de les vider de leur pus et les régénérer » de Louis Gillet, revue municipale du 21 octobre 1942.

Des efforts de réhabilitation ces dernières décennies ont donné un visage touristique au quartier, fort heureusement ! ^^


La Vieille-Charité : sa chapelle et les rangées d'arcades de la cour intérieure
Au cœur de ce quartier, on trouve l'ancien Hospice de la Charité, réalisé par Pierre Puget au début du 18ème siècle pour abriter les mendiants et vagabonds qui déferlaient alors sur la ville. Aujourd'hui, il abrite, entre autre, le musée d'Archéologie méditerranéenne au 1er étage et le musée des Arts africains, océaniens et amérindiens au 2ème étage.







Intérieur de la chapelle de style baroque


La ville médiévale ayant été en grande partie rasée lors de la rafle de 1943, le Panier est depuis la partie la plus ancienne de la ville.




Dominant le quartier du Panier, l'église des Accoules était le principal sanctuaire de la ville avant 1850



Il suffit de remonter un peu la Canebière et de prendre à gauche au niveau de la fourche où trône l'église des Réformés pour arriver devant le très beau Palais Longchamp coincé entre le Musée des Beaux-Arts et le Museum d'histoire naturelle.

Le Palais Longchamp est en réalité un château d'eau

Ce palais datant du 19ème a été érigé pour commémorer un événement majeur : l'adduction des eaux de la Durance par la création du canal de Marseille amenant l'eau de la rivière dans la ville. C'est l'accroissement territorial et démographique de la ville qui est à l'origine de ce chantier majeur.











Marseille est une bonne surprise pour qui se laissera influencer par des avis négatifs sur la ville... et qui ne craindra pas un peu de dépaysement dans certains quartiers pourtant en centre-ville.
Méconnue et mal-aimée, cette ville livre ses secrets à qui sait regarder et l'apprécier à sa juste valeur.
Marseille, ce n'est pas que l'OM avec son stade vélodrome et les quartiers nord, il y a une multitude de trésors qui méritent qu'on s'y attarde...



Le vieux Port et la Rade de Marseille vus depuis le parvis de Notre-Dame de Lagarde




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